samedi 22 décembre 2012

15-Le Père Noël (George Sand)


Auteur



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George Sand



George Sand est le pseudonyme d'Amandine Aurore Lucile Dupin (1804-1876) - Romancière et femme de lettres française.
Elle a écrit des romans, nouvelles, contes, pièces de théâtre, textes politiques, une autobiographie.



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Dans le texte suivant, George Sand exprime les impressions qu’éprouve une âme d’enfant toute pleine encore de la croyance naïve à l’existence du «bonhomme de Noël».




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Plan

1/ La croyance au Père Noël

2/ Minuit !

3/ Le cadeau du Père Noël

4/ Mes doutes




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-1-

Ma mère me chantait une chanson la veille de Noël ; mais comme cela ne revenait qu’une fois l’an, je ne me la rappelle pas. Ce que je n’ai pas oublié, c’est la croyance absolue que j’avais à la descente, par le tuyau de la cheminée, du petit Père Noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l’heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j’y trouvais à mon réveil.


-2-

Minuit ! cette heure fantastique que les enfants ne connaissent pas et qu’on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m’endormir avant l’apparition du petit vieux ! J’avais à la fois grande envie et grand’peur de le voir ; mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain, mon premier regard était pour mon soulier au bord de l’âtre.

-3- 

Quelle émotion me causait l’enveloppe de papier blanc, car le père Noël était d’une propreté extrême, et ne manquait jamais d’empaqueter son offrande. Je courais pieds nus pour m’emparer de mon trésor. Ce n’était jamais un don magnifique, car nous n’étions pas riches. C’était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux que j’osais à peine le manger. L’imagination jouait encore là son rôle, et c’est toute la vie de l’enfant.

-4-

Je me rappelle fort bien la première année où le doute m’est venu de l’existence réelle du père Noël. J’avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins beau et moins bon que les autres fois, et j’éprouvais une sorte de regret de ne pouvoir plus croire au petit bonhomme à barbe blanche.


George Sand (Histoire de ma vie)

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Explication des mots et des phrases






Sens des expressions en italiques



Croyance absolue : foi entière.

Fantastique : extraordinaire.

Comme le terme impossible : comme une heure si tardive qu’ils ne peuvent y atteindre.

Atre : endroit de la cheminée où s’entretient le feu.

Don magnifique : cadeau superbe.

Imagination : faculté que nous avons de voir des choses qui ne sont pas sous nos yeux.




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Analyse des idées



Que décrit l’auteur dans ce texte ?
En tracer le plan en indiquant l’idée essentielle de chaque paragraphe.

De ses souvenirs d’enfance, au sujet de Noël, qu’a oublié et qu’a retenu George Sand ?

Comment représente-t-elle le Père Noël ?

Quels souvenirs le mot «minuit» évoque-t-il en son esprit ?

En quoi consistait le cadeau de Noël ?

Pourquoi l’enfant était-elle heureuse ?

Pourquoi le fut-elle moins dans la suite ?

Avez-vous lu ce texte avec plaisir ? Pourquoi ?





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Rédaction :

Tous les enfants ont cru à l’existence du Père Noël, et vous comme d’autres. Dites ce que vous faisiez alors que vous étiez petit, et les émotions que vous éprouviez, le soir, en pensant que le Père Noël devait passer, et le matin, en visitant le soulier que vous aviez déposé dans la cheminée.







14-Nuit d'hiver (Guy de Maupassant)

Auteur



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Guy de Maupassant





Guy de Maupassant (1850 - 1893), écrivain français.



Dans la poésie "Nuit d'hiver", Guy de Maupassant fait la description d'une froide et claire nuit d'hiver. Les détails ont été observés et sont rendus avec exactitude et précision.



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Plan

1/ La plaine

2/ La végétation

3/ La lune

4/ Les oiseaux


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-1-

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au fond d’un bois.

-2-

Plus de chansons dans l’air ; sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

-3-

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre ;
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin sinistrement
Aux étranges reflets de sa clarté blafarde.

-4-

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées,
Eux n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas,
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège.
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.
 Guy de Maupassant (Des vers)



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Explications des mots et des phrases


Sens des expressions en italiques
  
Immobile : où rien ne bouge.

Sans voix : les oiseaux, les insectes, tout s’est tu.

Toute vie est éteinte : tout semble mort.

Morne plainte : plainte triste.

Floraison : état d’une plante qui est fleurie ; a ici le sens de végétation.

Fantômes : on compare les arbres à des fantômes, parce qu’ils sont nus et n’ont plus que l’apparence d’eux-mêmes.

Ciel austère : un peu triste, qui éveille des pensées graves.

Morne regard : triste.

Fantastiques lueurs : jets de lumières bizarres.

Sinistrement : d’une façon triste, sombre.

Etranges reflets : lueurs bizarres.

Clarté blafarde : lumière pâle et triste.

Frissonne : tremble.

Asile ombragé : les berceaux étaient un asile pour les oiseaux, c’est-à-dire un endroit où ils étaient à l’abri ; cet asile était ombragé, puisqu’il était couvert de verdure.

Verglas : couche mince de glace.




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Exercice

Relever les mots placés par gradation dans les deux premiers vers, 
la comparaison dans la seconde parti du texte,
les principales expressions figurées dans la troisième partie.



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Analyse des idées

Quelles sont les choses que le poète passe successivement en revue dans sa description ?

Comment décrit-il la plaine ?

Que dit-il de la végétation ?

Comment représente-t-il : la lune, le ciel, la terre, la neige ?

Comment exprime-t-il sa pitié pour les petits oiseaux ?



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Rédaction


Un pauvre petit oiseau, blotti derrière la branche d’un arbre songe aux privations que lui impose l’hiver, et fait entendre sa complainte de pitié.

13-Etude d'un tableau - Au pays de la mer (Cottet)




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Cottet "Au pays de la mer"


Il y a de la gravité dans ce tableau : qu'est-ce que cela veut dire ?

De la tristesse aussi : à quoi le voyez-vous ?

Dans quel pays sommes-nous ? Détails qui l'indiquent.

Que peut bien être ce repas de famille ?

Quels personnages y voit-ton ?

Que semble faire le personnage debout ?

On l'écoute avec recueillement : que peut-il bien dire ?

Quelle impression vous laisse ce tableau ?


12-L'Epée (Sully Prudhomme)


Auteur




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Sully Prudhomme 




René Armand François Prudhomme dit Sully Prudhomme (1839-1907) poète, fut premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901.



La guerre est le fléau de l’humanité. Les hommes devraient s’aimer et s’entr’aider. Dans le poème «L‘épée», Sully Prudhomme dit les maux qu’évoque en son souvenir la vue d’une épée et laisse entrevoir le jour où, devant le «droit sacré», les luttes fratricides des peuples cesseront.


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L’Epée

Plan

1/ Qu’est ce tranchant ?

2/ Est-ce un outil ?

3/ Je suis l’épée

4/ Comment l’épée disparaîtra



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-1-
Qu’est ce tranchant de fer souple, affilé, pointu ?
Ce ne sont pas les flancs de la terre qu’il fouille,
Ni les pierres qu’il fend, ni les bois qu’il dépouille.
Quel art a-t-il servi, quel fléau combattu ?


-2-
Est-ce un outil ? Non pas ! car l’homme de vertu
L’abhorre : ce n’est pas la sueur qui le mouille,
Et ce qu’on aime en lui c’est la plus longue rouille.
«Lame aux éclairs d’azur et de pourpre, qu’es-tu ?

-3-
Je suis l’épée, outil des faiseurs d’ossuaires,
Et, comme l’ébauchoir aux mains des statuaires,
Je cours au poing des rois, taillant l’homme à leur gré.

-4-
«Or, je dois tous les ans couper la fleur des races,
Jusqu’à l’heure où la chair se fera des cuirasses
Plus fortes que le fer, avec le droit sacré.»

Sully Prudhomme 



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Explication des mots et des phrases



Sens des expressions en italiques

Tranchant : qui coupe.

Les flancs de la terre : le sein de la terre.

Art : poésie, peinture, sculpture, musique etc... ; tout ce qu’il y a de supérieurement beau dans les productions de l’homme.

Fléau : grande calamité.

L’homme de vertu l’abhorre : l’homme juste l’a en horreur.

Azur : couleur bleue, couleur naturelle de la lame d’acier.

Pourpre : couleur rouge, couleur de la lame ensanglantée.

Faiseurs d’ossuaires : qui font les ossuaires, c’est-à-dire ces lieux où l’on entasse les ossements, près des champs de bataille.

Ebauchoir : outil avec lequel le sculpteur ébauche ses oeuvres.

Statuaires : sculpteurs qui font des statues.

Taillant l'homme à leur gré : tuant selon la volonté des rois.

La fleur des races : tout ce que les races ont de plus beau, c’est à dire la jeunesse.

Le droit sacré : la justice inviolable.




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Exercices

Donnez la différences entre souple, affilé, pointu.

Relevez les principales expressions figurées de la poésie.




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Analyse des idées

Il y a, dans cette poésie, deux parties essentielles : les reconnaissez-vous ?

Que contient la première partie ?

La seconde ?

Sous quelles formes l’acier peut-il servir à fouiller les flancs de la terre, à fendre les pierres, à dépouiller les bois, à servir les arts ?

Pourquoi l’homme de vertu abhorre-t-il l’épée ?

Comment le poète représente-t-il le conquérant ?

Qu’entrevoit-il dans l’avenir ?

Comment la guerre disparaîtra-t-elle ?


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Rédaction

Parlez de la guerre, montrez qu’elle est barbare, et faites connaître les maux qu’elle occasionne.




vendredi 21 décembre 2012

11-Le Pilote (EdgardQuinet)



Auteur


Quinet
Edgar Quinet




Edgar Quinet (1803-1876)
Philosophe, historien et homme politique. Il fut parmi ceux qui, en 1852, payèrent de l’exil leurs convictions républicaines.



Le texte "Le Pilote" est une allégorie*. Sous la forme d’une galère chargée de captifs, et que conduit un audacieux pilote, l’écrivain représente la nation qui, confiant ses destinées à un seul homme, court au-devant du despotisme.
allégorie sorte de comparaison dans laquelle on présente un objet à l’esprit de manière à éveiller l’idée d’un autre objet.




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Le pilote


 Plan

1/ Les captifs brisent leurs liens

2/ Sage prévoyance

3/ Réponse imprudente

4/ De nouvelles chaînes

5/ Résolutions



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-1-
Des captifs, les uns prisonniers de guerre, les autres enlevés sur les rivages, étaient entassés dans une galère grecque de Ténédos ; et le maître du vaisseau cinglait vers un port d’Italie où il devait les vendre. Au milieu de la nuit, les captifs brisent leurs liens ; ils s’emparent de l’équipage. Ce fut une grande fête : l’océan n‘avait pas encore entendu de pareils airs de joie.

-2-
L’un des prisonniers s’approcha de ses compagnons et leur dit : «Une chose m’inquiète, c’est de voir que vous laissez le gouvernail entre les mains qui vous conduisaient au marché». En effet, un vieillard qui semblait étranger à tout ce qui se passait autour de lui, tenait le gouvernail, et il avait ses yeux attachés sur une étoile.

-3-
«Eh quoi ! répondirent les captifs, ne voyez-vous pas que ce veillard regarde dans les nues, et qu’il ne se mêle en rien de ce qui se passe parmi nous ?... Vous avez, mon ami, besoin d’ellébore».


-4-
Cependant le vieillard, toujours souriant, ne quittait pas le gouvernail ; il fit si bien qu’en rasant un rivage, d’un seul coup de timon, voilà le vaisseau dans le port. C’était justement celui de Tarente, fameux entre tous pour la vente des esclaves. En ce moment, les marchands qui attendaient la cargaison se précipitent armés sur les captifs ; ils leur rendent leurs chaînes et chacun est vendu vingt deniers.

-5-
Depuis ce moment, aucun d’eux n’entendit jamais parler d’un vaisseau sans demander qui tenait le gouvernail.

Edgar Quinet (L’Enseignement du Peuple)


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Explication des mots et des phrases


Sens des expressions en italiques

Pilote : celui qui règle la route d’un navire.

Captifs : prisonniers.

Galère : ancien navire à voiles et à rames.

Ténédos : Ile sur la côte d’Asie Mineure.

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Cinglait : naviguait.

Equipage : ensemble des hommes qui font le service du vaisseau.

Gouvernail : appareil à l’arrière d’un navire qui sert à le gouverner.

Ellébore : genre de plantes vivaces et purgatives, que l’on croyait jadis propre à guérir la folie.

En rasant un rivage : en effleurant une côte.

Tarente : ville d’Italie, au sud, sur le golfe du même nom.

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Cargaison : marchandises que contient un navire.

Deniers : ancienne monnaie romaine.


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Exercice

Donnez les différences entre un vaisseau, un navire, une galère, un épuipage.
Entre le gouvernail et le timon.




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Analyse des idées


En quels lieux et en quel temps l’auteur place-t-il son récit ?

A-t-il des motifs de choisir ces lieux et ces temps plutôt que d’autres ?

Que pensez-vous de la réflexion du prisonnier ? De la réponse des captifs ?

Quels sont les traits qui vous frappent dans l’attitude du vieillard ?

Pourquoi ce texte est-il intitulé : «Le Pilote» ?

Analysez-en les différentes parties.