dimanche 24 novembre 2019

38-La Fontaine (Alfret de Musset) - Poésie

La Fontaine

Jean de La Fontaine nait le 8 juillet 1621 à Château-Thierry dans la campagne picarde. Issu d’un milieu bourgeois, il fait des études de rhétorique latine au collège de sa ville, en se passionnant pour la lecture d’œuvres antiques. En 1641, il entre comme novice pour entreprendre une carrière religieuse. Il restera à l’Oratoire seulement 18 mois. Il entame alors des études de droit à Paris. Parallèlement à ses études, il compose ses premiers vers et fréquente un cercle de jeunes poètes juristes, les « chevaliers de la table ronde ». Il obtient son diplôme d’avocat au parlement de Paris en 1649.
En 1647, il se marie avec Marie Héricart. C’est un mariage arrangé et sans amour. La Fontaine se lasse vite de cette épouse et ne s’occupera guère de leur fils, Charles né en 1653.
En 1652, il achète une charge de maître particulier triennal des Eaux et Forêts du duché de Château-Thierry, fonction qui pratiquera sans passion et qui ne sera pas rentable. À la mort de son père, en 1658, il hérite aussi des deux charges de ce dernier, maître ancien et capitaine des chasses. Ces deux fonctions n’améliorent pas sa situation financière qui est de plus en plus inconfortable. Obligé de se chercher un protecteur, il entre au service du Surintendant des Finances de Louis XIV, Fouquet. Ce dernier lui accorde une pension poétique. Il fréquente à cette période les sociétés libertines et précieuses parisiennes. Il rencontre dans les salons les grands artistes de l’époque comme Perrault, Racine, Boileau et Molière.
En 1661, lorsque Fouquet tombe en disgrâce, il doit chercher une nouvelle protection financière. En 1664, il passe au service de la duchesse de Bouillon et de la duchesse d’Orléans.
Les six premiers livres des Fables sont publiés en 1668. Le succès est immédiat et immense.
Le 15 novembre 1683 la Fontaine est élu à l’Académie française, au siège de Colbert. Dans la querelle des Anciens et des Modernes qui compare les écrivains et artistes de l’Antiquité avec ceux de son époque, il se range parmi ceux qui vantent les mérites des Anciens. Cette position lui vaut l’hostilité de Louis XIV.
A la mort de la duchesse d’Orléans en 1672, il se retrouve à nouveau en difficulté financière. Ne pouvant plus subvenir à ses besoins, en 1673 il est accueilli et hébergé par Marguerite de La Sablière et se place sous sa protection. Il publie alors des œuvres variées, notamment des poèmes religieux et un recueil de contes licencieux qui sera interdit.
À la mort de Mme de La Sablière en 1693, il se réfugie chez des amis parisiens. A la fin de sa vie son confesseur le contraint à renier ses contes et ses écrits licencieux. Il confesse publiquement ses fautes devant une délégation de l’Académie et décide de faire pénitence. Il aurait promis de ne plus écrire. Il meurt le 13 avril 1695 à Paris. Sa dépouille avec celle de Molière est transférée en 1817 au cimetière du Père-Lachaise.






La Fontaine

C'est avec celui-là qu'il est bon de veiller ;
Ouvrez-le sur votre oreiller,
Vous verrez se lever l'aurore !
Molière l'a prédit, et j'en suis convaincu :
Bien des choses auront vécu,
Quand nos enfants liront encore
Ce que le bonhomme a conté,
Fleur de sagesse et de gaîté.
Mais quoi ! la mode vient et tue un vieil usage ;
On n'en veut plus, du sobre et franc langage
Dont il enseignait la douceur,
Le seul français, et qui vienne du coeur ;
Car n'en déplaise à l'Italie,
La Fontaine, sachez-le bien,
En prenant tout, n'imita rien.
Il est sortie du sol de la patrie,
Le vert laurier qui couvre son tombeau ;
Comme l'antique, il est nouveau.

Alfred de Musset






Alfret de Musset, né à Paris en décembre 1810, est issu d’une famille aisée et cultivée. À partir de 1828, il fréquente le cénacle romantique de Charles Nodier (1780-1844) après avoir entrepris des études (restées inachevées) de droit et de médecine. Il connaît un échec en décembre 1830 avec sa première comédie en prose, La Nuit vénitienne. Dès lors, il prône le « théâtre dans un fauteuil », c’est-à-dire un théâtre destiné à être lu (et non pas à être représenté sur scène). Il rencontre George Sand (1804-1876) en 1833 et séjourne avec elle en Italie. Ils rompent définitivement en mai 1835. Musset a été bibliothécaire au ministère de l’Instruction publique et a été élu à l’Académie française en 1852. Il est mort à Paris en mai 1857.








samedi 12 janvier 2019

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dimanche 7 mai 2017

37 - Beauté et Bonté (Jean Aicard)



Jean-françois Victor Aicard (1848 - 1921) est un poète, auteur dramatique, romancier français.





Le poète Jean Aicard nous fait remarquer que le visage humain peut montrer deux formes de la beauté : la beauté physique, extrieure et tout de suite aperçue, agréable certes, mais souvent passagère, et la beauté morale, intérieure, donc moins apparente, mais visible cependant et charmante, la seule vraiment durable. Si nous possédons les deux, notre visage est parfait ; si la nature ne nous a pas donné la première, sachons nous en consoler : nous pouvons acquérir la seconde, beaucoup plus précieuse. Vous allez comprendre comment.






Wilhelm Cotta






Beauté et Bonté


Ne sois pas vain des traits heureux de ta figure ;
La beauté peut mentir, et, filles ou garçons,
Sachons bien qu'elle passe avant nous qui passons,
Et verrons peu de temps ce monde où rien ne dure.


Une fièvre, une chute, une affreuse blessure,
Peuvent te rendre et pour toujours, avant ce soir,
Toi, fière d'être jeune et belle, horrible à voir,
Si tu n'as pas au coeur une beauté plus sûre.


C'est celle que nous donne une tendre douceur,
Celle qu'on aime à voir dans les yeux d'une soeur,
Celle que tu te fais toi-même étant sage,
Car, sans le vouloir même, on a sur le visage,
Quand on est juste et bon, la beauté de son coeur.


La beauté passe avec les roses éphémères ;
C'est la fleur de jeunesse, et l'été la flétrit ;
La bonté (tu la vois quand ta mère sourit)
Donne un charme éternel au sourire des mères.


La bonté qui nous vaut, en juste retour, 
L'amitié des meilleurs et leur meilleur amour,
Fait séduisants les traits d'un malheureux visage ;
Illuminant surtout la profondeur des yeux ;
Cette beauté des coeurs peut grandir avec l'âge :
La bonté du regard, c'est la beauté des vieux.



Jean Aicard 




Ne sois pas vain : ne sois pas fier de ta jolie figure : tu n'as rien fait pour la mériter.

Mentir : tromper.
La beauté physique ne va pas toujours avec la beauté morale ; elle s'allie parfois avec l'égoïsme et la méchanceté.


Ephémères : qui ne durent qu'un jour.





 Questions :

Avez-vous une grand-mère ?

L'aimez-vous tendrement ?

Pourquoi ?

Pourquoi le sourire de la mère est-il doux au coeur du petit enfant ?

Qu'est-ce qui fait la beauté des vieillards ?




 

Ceux qui sont beaux moralement ne sont jamais tout à fait laids de figure, parce que les bons sentiments se lisent toujours sur la physionomie et dans le reagard. Vous savez que la maladie ou le chagrin creusent sur la face des hommes des plis de souffrance et embrument leurs yeux de tristesse ; eh bien ! la bonté habituelle imprime aussi sa marque sur les visages, les façonne peu à peu, les éclaire, leur donnant cet air de douceur, ce regard et ce sourire qui nous charment chez les meilleurs d'entre nous. Soyez bons et vous deviendrez beaux :

On a sur le visage,
Quand on est juste et bon, la beauté de son coeur.