mercredi 8 juin 2016

Morale - 3/ Devoirs de l'écolier envers lui-même







Le violon




Il était une fois un monsieur qui jouait du violon. Ce monsieur avait un fils qui se nommait Justin, et le petit garçon était bien heureux quand son papa lui jouait des airs de sa connaissance, tels que Malborough, le Roi Dagobert, Au clair de la lune.

Alors Justin chantait et le père accompagnait doucement la petite voix sur le violon. C’était très joli et ne semblait pas du tout difficile.

Le papa n’avait qu’à placer le haut du violon entre son menton et sa poitrine ; prendre le manche de l’instrument dans sa main gauche, dont les doigts touchaient les cordes l’une après l’autre, puis de la main droite prendre l’archet, et le promener sur le milieu des cordes comme ceci : en haut, en bas, en haut, en bas : et le violon chantait tout ce qu’on voulait. Cela paraissait si simple et si facile à exécuter, que l’enfant voulut jouer à son tour.

« Donne, mon père, lui dit-il, donne ton violon, que je joue Au clair de la lune, mon ami Pierrot .»

Le père donna son violon, et le petit garçon le posa très adroitement comme il avait vu faire à son père : le haut entre le menton et la poitrine, le manche dans la main gauche, l’archet dans la main droite ; une ! deux ! puis il joua…

Mais quelle chose affreuse on entendit ! Au lieu du joli chant qu’on lui demandait, le violon ne fit que grincer, ronfler, crier, grogner, hurler !… Cela déchirait si horriblement les oreilles que le petit garçon, tout effrayé, courut rendre le violon à son père, en lui disant :

« Mais, papa, que faut-il donc faire pour qu’un violon chante de beaux airs ? 

- C’est simple, mon enfant, répondit le père, il faut apprendre à le faire chanter. »



(Mme Pape-Carpantier)





Questions :


1/ Que faisait le petit Justin et quel plaisir éprouvait-il lorsque son père jouait sur le violon des airs de sa connaissance ?

2/ Comment s’y prenait celui-ci pour jouer l’air ?

3/ Que voulut faire Justin à son tour ?

4/ Pourquoi n’y réussit-il pas ?

5/ Qu fallait-il qu’il fit ?

6/ Que devez-vous faire vous-même pour être instruits ?







Maximes




Il faut étudier quand on est jeune : le temps perdu ne se retrouve plus.

Tels vous avez été à l’école, tels vous serez dans la vie.







jeudi 2 juin 2016

Morale - 2/ Le Devoir


LE DEVOIR



Le devoir, c’est ce qu’il faut faire pour n’avoir rien à se reprocher.

La tentation du plaisir ou de l’intérêt rend parfois difficile l’accomplissement du devoir.

Je veux faire et je ferai toujours mon devoir, quelque pénible qu’il me paraisse.








Le devoir


Enveloppé du grand tablier bleu de son père, Jacques laboure son jardinet.

ll fait bien chaud. De temps en temps, le petit jardinier s’arrête, s’appuie sur sa bêche et s’essuie le front. A la fin, il abandonne son ouvrage et va s’asseoir sur un banc, à l’ombre d’une verte charmille. Il s’étend, ses paupières se ferment… Il va s’endormir ?… Non ! Tout à coup Jacques se lève d’un bond, se frotte les yeux et court se remettre au travail avec ardeur. Que lui est-il donc arrivé ? Une fourmi l’a-t-elle piqué ? Une guêpe a-t-elle bourdonné trop près de sa figure ? Rien de tout cela. Au moment de s’endormir, Jacques s’est rappelé sa promesse : il s’est engagé à labourer tout le jardin avant la nuit. Ce qui l’a réveillé si subitement, c’est, je crois la pensée du devoir.

Suzanne Dompmartin










Questions



1/ Que fait Jacques ?

2/ Pourquoi le petit jardinier s’arrête-t-il de temps en temps ?

3/ Que fait-il alors, et à quoi se laisse-t-il aller, à la fin ?

4/ S’endort-il ?

5/ Quelle détermination prend-il tout à coup ?

6/ Que lui est-il donc arrivé, peut-être ?

7/ Que s’est-il produit réellement dans l’esprit de Jacques ?

8/ Qu’est-ce donc qui l’a réveillé si subitement ?

9/ Doit-on rester sourd à la voix du devoir ?








Maximes





Fais ce qui est bien : voilà le devoir.


Sachons toujours préférer notre devoir au plaisir ou à l’intérêt.


On n’est jamais si content que lorsqu’on a rempli son devoir.











mardi 31 mai 2016

Morale -1/ Le premier éveil de la conscience

LA CONSCIENCE




La conscience est cette voix intérieure qui nous commande de faire le bien et d’éviter le mal. Quand nous faisons le bien, elle nous approuve ; quand nous faisons le mal, elle nous trouble et nous condamne.




Giovanni Dupré









Le premier éveil de la conscience



J’étais encore en jupons. Je n’avais pas plus de quatre ans. Par un beau jour de printemps, mon père mena par la main à quelque distance de la ferme, et bientôt il m’ordonna d’y revenir seul. Sur ma route se trouvait un petit étang dont l’eau recouvrait en ce moment un assez large espace. J’aperçus une belle fleur épanouie et je me dirigeai de son côté. Arrivé là, je découvris une petite tortue tachetée qui se chauffait au soleil, dans l’eau peu profonde. J’allais lever mon bâton pour en frapper la pauvre bête ; car, bien que je n’eusse jamais tué la moindre créature, j’avais pourtant vu d’autres enfants s’amuser à détruire des oiseaux et d’autres petits animaux, et j’avais envie de suivre leur exemple. Mais tout à coup quelque chose arrêta mon bras, et j’entendis en moi-même une voix claire et forte qui disait : « Cela est mal. » 
Très surpris de cette puissance inconnue qui, malgré moi, s’opposait à mes actions, je retins mon bâton jusqu’à ce que j’eusse perdu de vue la tortue et la belle fleur. Je courus raconter la chose à ma mère en lui demandant qui donc m’avait dit que c’était mal. Elle essuya une larme avec son tablier, et, me prenant dans ses bras, elle me dit : « C’est ta conscience . »






Questions :

1/ Quel âge avait l’enfant dont il est question dans ce récit ?

2/ Où son père le conduisit-il et qu’est-ce qu’il lui commanda ?

3/ Qu’aperçut l’enfant en retournant et que découvrit-il ?

4/ Qu’allait-il faire à la petite tortue et pourquoi ?

5/ Qu’est-ce qui le détourna et que lui disait la voix qu’il entendit ?

6/ Où l’enfant alla-t-il ensuite ?

7/ Comment sa mère le reçut-elle et que lui dit-elle ?

8/ Qu’est-ce que la conscience ?

9/ Que devez-vous faire quand elle se fait entendre en vous ?






Maximes



Il faut toujours obéir à sa conscience.

Ne fais rien dont tu puisses rougir.

Le remords est la première punition du coupable.









dimanche 12 avril 2015

35 - Le Serment du Jeu de Paume (A. Couder)



A. Couder - Le Serment du Jeu de Paume



Voir le site "Château de Versailles" : Le Serment du Jeu de Paume : l'acte fondateur de la démocratie française



Ce tableau vous rappelle une scène historique : laquelle ?

Qu'est cette salle où sont réunis les députés ?

Comment vous la représentez-vous ?

Quel est ce député monté sur une table et quel discours tient-il ?

Examinez l'attitude des personnages : que traduit-elle ?

Quelle impression vous laisse ce tableau ?









source : http://www.chateauversailles.fr/



Le Serment du Jeu de Paume : l'acte fondateur de la démocratie française



Afin de résoudre la grave crise financière que traverse son gouvernement, Louis XVI convoque au printemps 1789 les Etats Généraux, c’est-à-dire la réunion des trois ordres, noblesse, clergé et tiers état. Les députés du tiers état espèrent des réformes. Rapidement déçus, ils refusent de se soumettre au pouvoir royal.

Refusant de siéger par ordre, ils s'allient avec quelques députés du clergé et se constituent solennellement en Assemblée nationale le 17 juin 1789. Le roi tente de s’opposer à cette Assemblée en faisant fermer la salle des Menus Plaisirs à Versailles, où elle se réunissait. Trouvant porte close le 20 juin, les députés se rendent dans un gymnase proche où l’on pratiquait le jeu de paume et y prêtent le fameux Serment du Jeu de Paume :
« Nous jurons de ne jamais nous séparer

et de nous réunir partout où les circonstances

l’exigeraient, jusqu’à ce que la Constitution du 

royaume fût établie et affermie par des 
fondements solides. »

Evénement fondateur de la démocratie française, le Serment du Jeu de Paume est à l’origine de la séparation des pouvoirs et de la souveraineté nationale. En est issue l'Assemblée nationale Constituante qui a voté, en août 1789, l'abolition de la féodalité et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

samedi 11 avril 2015

34 - A mon fils (Charles Richet)




Charles Richet (26/08/1850 - 03/12/1935)








Plan



1. Ne sois pas cruel au vieillard

2. ton aurore est belle... mais lui  !...

3. Sois bon

4. Etre clément, c'est être sage








Après avoir recommandé "l'aumône d'un sourire" pour le pauvre aïeul, l'auteur compare la vie pleine de joie de l'adolescent à l'existence souvent attristée du vieillard, et il montre que ce n'est pas seulement bonté, mais sagesse que de la bien traiter, car son sort est celui qui nous attend.




François-André Vincent




A mon fils



- 1 -


Mon fils, si par hasard quelque vieillard très vieux
Etait un soir, par toi, rencontré sur ta route,
Penchant sa tête lasse, et portant en ses yeux
Les voiles précurseurs de l'ombre qu'il redoute,
Ne sois pas trop cruel pour sa faiblesse, enfant
Il n'est pas généreux d'être aussi triomphant,
Et de passer, superbe et hautain, sans rien dire,
Sans faire au pauvre aïeul l'aumône d'un sourire.



- 2 -



Oui, ton aurore est belle et ton printemps en fleurs !
Tout est nouveau, vivant, plein de joie et de charmes ;
Un papillon suffit à dissiper tes pleurs,
Et tu ne connais pas l'amertume des larmes...
Mais lui, vois donc ces mains tremblantes, et ce front 
Ridé par le souci de la misère humaine !
Il connaît la douleur, et le doute, et l'affront ;
Et le remords peut-être, à l'angoissante peine
Et les nuits sans sommeil, et les jours sans espoir,
Et les écoeurements des lâches servitudes ;
Et les êtres chéris qu'on ne peut plus revoir ;
Et les regrets toujours plus poignants et plus rudes.



- 3 -



Mon fils ! sois bon pour lui ! La pitié, c'est beaucoup.
Beauté, vaillance, amour, jeunesse, ardente flamme,
Tous ces rayons divins du ciel ne sont pas tout ;
Il faut y joindre encore un peu de grandeur d'âme...



- 4 -

Et puis, être clément, c'est être sage aussi.
Ce vieillard qui chancelle et tremble, c'est ton frère,
Et le spectacle affreux qui t'épouvante ici,
C'est le sort qui t'attend. Rien ne peut t'y soustraire...
Ce vieillard !... comme lui, tu courberas le front,
Et quand, aux soirs d'été, menant joyeuse fête,
Les jeunes fous, rieurs, près de toi passeront,
Alors, tu hocheras, morne ta vieille tête.
A des déclins pareils tout être est condamné,
Marchant d'un pas fatal vers la froide vieillesse.
Le temps, qui ronge tout, le ronge pièce à pièce,
Déjà presque un cadavre au moment qu'il est né !
La jeunesse et l'amour, c'est un rêve qui passe !
C'est un point dans le temps comme un point dans l'espace.
Va ! crois-moi ! C'est tenter la colère des cieux
Que d'être, ô mon fils, sans pitié pour les vieux.











Explication des mots et des phrases



Sens des expressions en italiques


Les voiles précurseurs de l'ombre qu'il redoute : les signes de maladie qui annoncent une mort prochaine.

ton aurore est belle et ton printemps en fleurs ! : ton enfance est belle et ta jeunesse est épanouie, heureuse.

Il connaît la douleur, et le doute, et l'affront : il a souffert dans sa longue vie ; il a douté pour chercher et connaître la vérité ; il a subi des affronts, c'est-à-dire plus d'une offense......

Et le remords peut-être, à l'angoissante peine : peut-être aussi, comme tant d'hommes, a-t-il eu à regretter certaines fautes qui ont éveillé en son âme d'amers regrets.

et les jours sans espoir : les jours de découragement.

Et les écoeurements des lâches servitudes : les dégoûts que provoquent les flatteurs, les adulateurs, sacrifiant vilement leur dignité.

Poignants : douloureux, angoissants.

Grandeur d'âme : noblesse de coeur, sentiments élevés.

C'est ton frère : c'est, comme toi, un être humain que tu as de devoir d'aimer.

A des déclins pareils tout être est condamné : tout le monde est condamné à la vieillesse et à ses infirmités.

C'est un point dans le temps comme un point dans l'espace : ceci revient à dire que l'homme est fort peu de chose ici-bas.






Exercices




1) Expliquer les mots : 

généreux, triomphant, superbe, hautain.


2) Rapprocher : précurseur et course

et trouver les mots de la même famille.

3) Reconnaître dans le texte les phrases à la forme affirmative, conditionnelle, impérative.







Analyse des idées



Quelle est l'idée essentielle que l'auteur développe dans ce morceau ?

Quel conseil donne-t-il au jeune homme dans la première partie ?

Comment représente-t-il le vieillard ?

Comment juge-t-il la conduite du jeune homme qui lui manque de respect ?

Dans la seconde partie, l'auteur compare le jeune homme au vieillard : en quels termes ?

Développez cette double pensée de la troisième partie : La pitié, c'est beaucoup... il faut y joindre la grandeur d'âme.

Développez cette autre pensée de la quatrième partie : Etre clément, c'est être sage aussi.

Résumez le plan de ce texte.





Rédaction



Un enfant rencontre un vieillard...
La conversation s'engage...
N'ayant rien à lui offrir, l'enfant lui chante une chanson.

Décrivez les personnages de la scène.









vendredi 16 janvier 2015

lundi 6 octobre 2014

Martin Drolling (Intérieur d'une cuisine)








Voici un tableau paisible et clair : que représente-t-il ?


Décrivez sommairement cet intérieur.


Quel effet la lumière qui pénètre par la fenêtre produit-elle sur les personnages et les choses ?


Remarquez la jeune femme assise : comment vous apparait-elle ?

- Que fait-elle ?

- Que fait le jeune enfant à ses pieds ?


Et la fillette, dans le fond ?


Qu'apercevez-vous par la fenêtre entr'ouverte ?


Quelle impression vous laisse cette scène ?